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Conférence vendredi 11 mai 2012

Seins libres: le soutien-gorge et la sédentarité : deux ennemis du sein ?

Conférence donnée à dans le cadre des conférences du congrès de l'UFOF 2011 “Approche pluri disciplinaire autour de l'ostéopathie”.

Dr Jean Denis ROUILLON

Dr Jean Denis ROUILLON

Médecin du sport CHRU Besançon. Professeur des universités

Depuis son invention vers 1900, l’usage du soutien-gorge s’est généralisé dans les pays occidentaux. Cependant son rôle présumé favorable pour le sein, en particulier de lutte contre la ptose, n’a fait l’objet d’aucune étude scientifique. De même l’évolution morphologique du sein laissé libre n’a jamais été étudiée. Pour obtenir une liberté gestuelle et respiratoire optimale le choix été fait par beaucoup de sportives de loisir ou de compétition de pratiquer sans aucun soutien. Pour combler ce vide bibliographique nous avons recruté 50 volontaires sportives pour une étude préliminaire longitudinale ouverte. Celle-ci a consisté à suivre régulièrement l’évolution des paramètres morphologiques objectifs de leurs seins ainsi que le confort ressenti à partir du jour où elles ont choisi d’arrêter totalement le port de tout soutien y compris en sport et sur une durée de 3 années.

Les premiers résultats montrent :

  1. une absence totale de dégradation du sein et de ptose.
  2. une absence de douleur initiale et une sensation progressive de confort.
  3. une évolution favorable des variables biométriques investigant la morphologie et les qualités esthétiques du sein telles que le triangle de BUFFON, le centrage du mamelon, la surface des aréoles, la fermeté, l’angle de l’axe longitudinal du mamelon versus l’horizontale et la force de l’appareil suspenseur.

Ces résultats suggèrent que le fait que le sein ait à nouveau à assumer son poids contre la pesanteur et les contraintes biomécaniques liées aux secousses en sport induit des adaptations très favorables à son évolution.

Cette étude ne permet pas de répondre à la relation entre le port du soutien-gorge et le cancer du sein mais quelques premiers résultats épidémiologiques d’études récentes et des arguments scientifiques indirects vont dans le sens de cette hypothèse.